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Des moines bénédictins au Sénégal, pour quoi faire ?
La question n'a pas manqué de se poser dans l'esprit de beaucoup de ceux qui, au Sénégal comme en France, ont entendu parler du projet de fondation de l'Abbaye de Solesmes au Sénégal, au début des années 60. Chez certains elle se doublait d'une autre question : Croyez-vous que les africains soient faits pour la vie monastique ? A cela l'abbaye fondatrice donna dès le début une réponse claire et nette : il s'agissait de répondre, dans la foi, à un appel venu de l'Eglise, tant de la part de son autorité centrale invitant de façon pressante à l'établissement de communautés contemplatives en pays de mission, que de la part d'une église particulière d'Afrique venant solliciter une fondation monastique.

Dans une lettre du 12 décembre 1960 le Père Abbé de Solesmes (France) précisait à l'archevêque de Dakar : « il est bien entendu qu'il s'agit d'un monastère vraiment contemplatif ».

Et le Père abbé invitait l'évêque à préciser par écrit les intentions qu'il avait déjà manifestées sur ce point. C'est ce que ce dernier fit très clairement dans sa réponse : « Ma demande n'a pas eu d'autre objet premier et essentiel que l'établissement d'une communauté contemplative, toute destinée à la prière et à la sanctification de ses membres ». C'est dans la fidélité à ces principes qu'ont travaillé les neuf moines fondateurs. Ce programme existait déjà, tiré de l'Évangile et de la tradition vivante, née chez les Pères du désert en Afrique, et transmise par Saint Benoît, puis par Dom Guéranger et ses successeurs. Il est centré sur le Christ qu'il faut connaître, aimer et imiter pour vivre en lui de la vie trinitaire.

À regarder après coup comment cette oeuvre s'est réalisée jusqu'ici, on constate quelques orientations fondamentales : Le caractère familial, comportant une obéissance filiale et fraternelle, vécue dans la libeté joyeuse des enfants de Dieu.
Une vie mise au service du culte liturgique. La recherche faite dans ce domaine a conduit à un début d'adaptation généralement bien appréciée, tant par la communauté qu'à l'extérieur.
Enfin le culte de religieuse soumission envers la personne du Souverain Pontife et la dévotion envers la Vierge Marie particulièrement vénérée dans le mystère de son Cœur Immaculé.
En tout cela, rien de systématique, rien de formellement programmé, mais le fruit normalement recueilli d'une formation bien faite dans ses racines profondes, et qui est maintenant confié aux influences vivifiantes de la culture africaine.
Ainsi continuera à s'épanouir en terre d'Afrique une manière originale de chercher Dieu, dans l'office liturgique, dans l'oraison nourrie par la lectio divina, dans le travail quotidien, à l'intérieur d'une famille unie par la chairté, sous la direction paternelle de son Abbé.

Ainsi continuera à se se constituer, sans détriment pour la prière, un centre d'édification pour la société, comme le souhaite l'Église au service de laquelle toute cette œuvre monastique a été dès le début orientée.

Nous allons fonder une école du service du Seigneur. En l'organisant, nous espérons n'y rien établir de rigoureux, ni de rien pesant. Pourtant s'il s'y présentait un peu de contrainte, dictée par un juste motif, pour corriger les vices et sauvegarder la charité, n'allons pas épouvantés, fuir aussitôt le chemin du salut dont l'entrée est forcément étroite; car avec le progrès de la conduite et de la foi, le cœur se dilate et c'est dans une ineffable douceur d'amour que l'on court sur le chemin des commandements de Dieu.

Prologue de la règle de Saint Benoît
Règle de Saint Benoît