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LA KORA TRADITIONNELLE

Manche traditionnelleLa kora traditionnelle est de la famille des harpes africaines. D'origine mandingue, elle serait née, dans sa forme traditionnelle actuelle, auLes anneaux de fixations des cordes Royaume du Gabou (Sud du Sénégal) vers le milieu du XIXe siècle, si l'on suit l'étude fouillée de M. Ousman Sow-Huchard.

Sa caisse de résonance est faite d'une demie calebasse sur laquelle a été tendue une peau de biche. Sur un solide bâton - la hampe - traversant cette calebasse, des anneaux de cuir permettent de fixer l'extrémité des 21 cordes en boyaux d'animal qui passent de part et d'autre d'un chevalet posé droit sur la peau. A l'extrémité inférieure du bâton, les cordes sont attachées à un anneau de fer fixé lui aussi à la base de la hampe. Deux tiges de bois, qu'on nomme antennes, traversent, elles aussi, la calebasse, et permettent au jëli (le joueur dans la langue mandingue) de tenir son instrument des trois doigts de chaque main, laissant libres les pouces et les index pour le jeu.

LA KORA DE KEUR MOUSSA

En 1964, le frère Dominique Catta conquis par la belle sonorité des koras mandingues qu'il entendait sur les ondes des radios La fixation des cordessénégalaises, s'est initié à l'instrument auprès de quelques jeeli, et durant 7 ans environ, il a cherché à adapter cette harpe africaine à la prière des moines. Comme tout instrument à cordes, mais bien davantage en raison du système d'accrochage des cordes, la kora se désaccordait. Chaque fois qu'une corde cassait - ce qui arrivait souvent - sa réparation désaccordait plus ou moins toutes les autres cordes ! Malgré cela, le succès de cette adaptation d'un instrument africain à la prière chrétienne suscita parmi les pèlerins et visiteurs le désir de se procurer des koras traditionnelles. Mais, devant les difficulté de l'accord, presque tous se décourageaient. Il fallait donc faire quelque chose !

Kora de Keur Moussa en 1972 La hampe d'une kora de Keur Moussa en 1972La kora à clés en bois
En 1971, le frère Michel Meugniot (+ 2002) commença à mettre au point une nouvelle kora plus facile à accorder et plus stable d'accord, sans pour autant changer fondamentalement la structure de l'instrument : un jeeli mandingue peut se servir sans problème de la kora de Keur Moussa comme de la sienne.

Voici les changements les plus importants :
L'accord des cordes, se fait non plus par des anneaux de cuir, mais par des clés de violon et de violoncelle au début, remplacées ensuite par des clés fabriquées dans l'atelier du monastère : clés coniques enfoncées dans des trous coniques. La hampe fut allongée selon une forme très étudiée pour donner la place suffisante aux 21 clés.
Un système de sillets permit de donner à chaque corde une place précise. Le passage des cordes au travers du chevalet, ne se fit plus par des fentes faites à la scie de chaque côté du chevalet, mais par des trous précis réalisés par une perceuse.
La création d'un « cordier » permit d'attacher les cordes au bas de la kora, sur l'anneau de manière plus aisée. 

L'ancienne fixation du cordierOn ne s'étonnera pas que ces modifications demandèrent plusieurs années de recherche et de travail, ainsi que le concours de personnes compétentes. Une étude fondamentale sur la résistance des hampes permit d'en garantir la solidité. Certains de ces La nouvelle fixation du cordiertravaux, furent réalisés par des élèves et des professeurs de l'École Polytechnique de Thiès. Ainsi, grâce à l'ordinateur de l'École (avant la micro-informatique, à l'époque où l'on vendait l'ingénieur avec la machine !) on put choisir de manière harmonieuse les cordes pour chaque note. Toutefois, une étude sur la sonorité de la kora ne déboucha sur aucun changement concret, car chaque calebasse, fruit naturel cultivé au nord est du Sénégal, possède ses caractéristiques individuelles, impropres à donner des lois valables pour toutes les calebasses.

La première kora de KM sortit en 1972. Jusqu'en 1982, le frère Michel travailla à son perfectionnement. Mais à cette date il dût rentrer en France pour raison de santé.
Le frère Luc Bayle prit le relais de ces dix ans de travaux. A la différence du frère Michel Meugniot qui ne jouait d'aucun instrument, Frère Luc avait l'oreille musicale, était familier du chant et s'était mis à jouer de la kora comme ses frères africains. C'était un réel avantage qui lui permit de mieux percevoir certaines lacunes du système du frère Michel dont voici les principales :
Les clés en bois étaient sensibles aux changements hygrométriques. Quand le vent d'Est très desséchant se mettait à souffler, le bois se contractait, supprimant leur adhérence à la hampe et les cordes tombaient, parfois toutes en même temps, au milieu de l'exécution d'un chant !
L'attache du cordier était joli, mais provoquait souvent une fracture de la calebasse.

La kora à mécaniques de guitare

Kora à clés de guitareL'idée vint au frère Luc de remplacer les clés de bois par des mécaniques de guitare, insensibles au changement hygrométrique. Après des essais plus ou moins concluants, mais de plus en plus performants, l'atelier commença à fabriquer des koras avec des mécaniques de guitare, mécaniques de « folk guitares » (celles trouvées alors), puis avec des mécaniques « à bain d'huile », plus chère certes, mais de bien meilleure qualité.

Le profil de la hampe dut être encore une fois redessinée.

L'attache du cordier à la hampe fut modifiée, pour revenir à un système beaucoup plus proche de la manière traditionnelle.Le cordier
Chaque changement apporta une réelle amélioration, comportant quelques inconvénients, (comme par exemple l'augmentation du poids de la kora) mais ceux-ci ne diminuèrent pas la qualité sonore et permirent la diffusion progressive de l'instrument en Afrique et en Europe dans les milieux jusque-là totalement étrangers à l'ethnie mandingue. Aujourd'hui, devant les avantages évidents de la kora de Keur Moussa, de grands jeeli mandingues viennent se procurer leurs koras à notre atelier.

La kora chromatique

La kora jouée au monastère de Keur Moussa a deux usages : l'accompagnement du chant (les psaumes, les chants liturgiques) et les airs les 1/2 tonsde kora (pour souligner certains temps de la liturgie : procession d'entrée, offertoire de la messe, etc). Pour l'accompagnement, les accords de la kora étaient jusqu'ici très limités : 21 cordes, 21 notes. Si la kora était accordée en Fa majeur, il était impossible d'en sortir, sinon en se servant d'une kora accordée différemment. D'où la nécessité d'enrichir l'instrument, non pas en rajoutant des cordes, mais en permettant à une corde de produire 2 sons différents.

Un premier essai fut celui de placer des petites cales sous les cordes au niveau des sillets. Un autre essai dans le même genre fut de placer une cale pivotante. Enfin un système plus complexe joua sur la tension des cordes. Nous avons utilisé longtemps ces systèmes,réservés d'ailleurs à 4 cordes seulement, mais de graves défauts ne permettaient pas de les commercialiser.

Depuis 2004 environ, un nouveau système permet de moduler toutes les cordes. Ainsi la kora peut accompagner 8 tonalités sur les 12 existantes. Selon notre manière de faire (mais d'autres sont possibles) la kora peut passer de 4 bémols à 3 dièses. Comme on le voit, ce système offre de très grandes possibilités. Certes, il alourdit la kora de 500 gr. Mais cet inconvénient est secondaire pour ceux qui, comme nous, posons nos koras sur des supports. Cela peut cependant faire difficulté aux joueurs qui jouent debout en tenant de leurs mains leur kora.

La réalisation de ce système, qui utilise les « œ tons » pour harpes celtiques, mis au point par les ingénieurs de la CAMAC (La Richerais 44850 MOUZEIL France), demanda l'étude d'un nouveau profil de hampe.

Cette nouvelle étape ne sera pas dernière : la kora doit continuer à évoluer pour devenir de plus en plus facile d'utilisation, de plus en plus stable. L'important toutefois est de veiller à ce que le jëli mandingue qui prend pour la première fois une kora fabriquée dans notre atelier au monastère puisse l'accorder à son oreille et en jouer facilement. Et c'est le cas aujourd'hui.
Le graphique ci-dessous indique comment accorder ou déterminer les notes sur la kora chromatique

Accorder et déterminer les notes

Accorder et déterminer les notes

Notes

Accorder la kora chromatique

 

Nous vendons ces koras,
soit directement à la porterie de l'Abbaye de Keur Moussa,

soit en France :
Fr. Luc BAYLE
2 rue de l'abbaye
57590 ORIOCOURT